Colloque des proviseurs France-Chine – Jeudi 6 Février 2025

L’occasion d’évoquer la beauté et la nécessité de l’entrelacement de nos deux hautes cultures au service de la compréhension la plus complète du monde, notamment par l’éducation au développement durable, qui intéresse les jeunesses chinoise et française.

La manifestation, organisé par une personnalité chinoise francophile et de conviction, M. Xu Bo, réunissait des chefs d’établissements chinois et français, des sinologues, des pédagogues, des alumni, devant un public jeune sans doute essentiellement composé d’étudiants ou d’anciens étudiants franco-chinois. Elle se tenait à l’école alsacienne qui a fait depuis très longtemps le choix d’un enseignement du chinois sous la conduite du directeur de l’école Pierre de Panafieu.

Les échanges des deux ateliers précédents ont insisté sur la nécessité de collaborations transdisciplinaires pour favoriser une véritable appropriation culturelle et l’édification de citoyens du monde, garants de la paix.

J’ai pour ma part introduit l’atelier évoquant plus directement le déploiement des politiques linguistiques, comme Keenote Speaker. Le titre qui m’a été donné correspondait à des activités professionnelles, mais pas à ma situation actuelle, ce que j’ai pu expliquer en deux mots. Devant ce parterre d’éminents spécialistes, je me suis présenté tel que je suis : un homme passionné par l’enjeu éducatif et engagé pour l’éducation et ceux qui la déploient, plus spécialement l’éducation au développement durable, par nature transdisciplinaire et productrice des nouveaux citoyens planétaires.

Après avoir présenté le dispositif français de déploiement de la langue et de la culture françaises dans le monde, il m’a semblé utile de rappeler que la coopération franco-Chinoise y tenait encore une place modeste, malgré les exemples brillants de collaboration donnés à cette occasion par les chefs d’établissement présents.

Dans un contexte de domination mondiale de la « langue de service » anglaise servie par de puissants réseaux américains d’enseignement américain, un second rappel était utile : le poids équivalent du pack des locuteurs franco-chinois, en même temps le grand nombre très important d’étudiants Dans un contexte de stigmatisation par l’administration Trump des intérêts globaux chinois et français dans le monde, avec des conséquences inéluctables sur l’enseignement secondaire et supérieur, je me suis permis de relever que les deux pays disposaient de tous les moyens pour agir utilement.

Tout repose d’abord sur l’engagement des parents, des enseignants et des chefs d’établissement, bien sûr. Mais le relai gouvernemental est nécessaire. Pour anticiper des difficultés d’inscription d’étudiants chinois aux USA et peut-être mieux coordonner l’équipe française en Chine pour y former plus de jeunes chinois au Français, en même temps qu’un déploiement plus fort de l’enseignement secondaire du chinois LV2. Je me suis permis d’insister sur l’urgence de cette démarche à valoir dès la rentrée prochaine.

Une telle démarche pourrait viser quelques objectifs plus précis, à discuter, notamment : des quotas dans les grandes écoles et universités françaises et des moyens d’accueil organisés ; la mise en place de cessions de travaux transnationaux entre enseignants et chefs d’établissements chinois et français ; la création d’une cellule des opérateurs linguistiques français à l’étranger sous la conduite de l’AEFE ; une préférence donnée à des modèles pédagogiques et d’organisation expérimentaux et innovants qui seront plus facilement déployés par des structures privées ; la structuration et la professionnalisation du réseau des alumni ; l’expérimentation globale d’un axe systémique d’enseignement autour des enjeux systémiques de la planète, soit un projet global d’éducation au développement durable qui créé un précédent majeur et fasse sens auprès de la jeunesse, etc.

Partout où l’on peut le faire, il faut associer la connaissance à une espérance et non pas à une volonté de domination, à la stigmatisation de telle culture, peuple, telle manière d’être, à l’heure où l’Humanité doit être pensée dans sa globalité face aux enjeux planétaires auxquels elle doit faire face.

Samuel Cazenave

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